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Discours d'annonce de candidature

DISCOURS OFFICIEL DE CANDIDATURE

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

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Le mercredi 18 décembre 2013

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Par Kamal BENKOUSSA

 

 

 

Pour une Nation forte de son histoire, de ses talents et de sa jeunesse

 

 

 

Mesdames,

 

Messieurs,

 

Mes chers compatriotes,

 

Aujourd’hui, je me présente devant vous, conscient des défis que mon pays doit relever.

 

Je suis parmi vous, ici à Alger, dans mon pays natal, en tant que compatriote, pour partager ma vision de l’Algérie et vous entendre.

 

Comme vous, je suis un enfant du pays. Issu d’une famille simple et modeste, comme beaucoup de familles algériennes.

 

Par l’éducation de ma mère, j’ai compris les valeurs ancestrales de notre peuple, de notre culture et de notre civilisation. Les valeurs de travail, d’entraide et de respect de l’autre.

 

Pour réussir dans la vie, j’ai dû me battre et celan’a pas été facile.

 

De mon père, j’ai appris à ne jamais abandonner, quelles que soient les difficultés de la vie. Il m’a aussi aidé à garder la tête haute.

 

Il m’a enseigné de toujours faire preuve de courage et que la dignité d’un homme impose de se battre, sans relâche.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Comme vous, j’ai reçu en héritage les principes de notre glorieuse révolution.

 

L’histoire d’un homme, tombé au champ d’honneur, car il défendait un idéal de liberté a été un point de repère tout au long de ma vie. Cet homme, qui a donné son sang pour l’Algérie, n’est autre que mon grand-père.

 

La libération nationale est ma source d’inspiration. Elle me rappelle chaque jour la grandeur de mon peuple.

 

C’est grâce au sacrifice de mes parents et de la génération de l’indépendance que je suis devenu l’homme qui est devant vous aujourd’hui. Un homme conscient, libre et intègre. Je leur dois tout.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Cette conviction, ces valeurs, cette histoire de vie, je les ai partagés avec des milliers d’algériens, jeunes et moins jeunes.

 

Des algériens rencontrés lors de mes conférences données sur le territoire national ou qui m’ont contacté suite à mes interventions à la télévision, à la radio ou dans la presse.

 

Ces rencontres m’ont aidé à comprendre les raisons profondes du malaise dans lequel vit actuellement notre société et de comprendre les attentes du peuple.

 

L’Algérie que j’ai rencontrée, à qui j’ai parlée, cette Algérie-là, n’est pas celle que certains décrivent et, parfois même, dénigrent.

 

Beaucoup disent que le peuple algérien est sans ambition. D’autres disent même qu’il n’a que ce qu’il mérite.

 

Moi je vous dis, ces gens là ne connaissent pas le peuple algérien. Ils ignorent tout de sa vitalité.

 

Les algériens, avec qui j’ai échangé, débordent d’énergie et de créativité. Ils ont soif de vivre, soif de créer, soif de bâtir une Algérie meilleure. Une Algérie nouvelle dans laquelle ils pourront exprimer tout leurs talents et réaliser leurs rêves.

 

J’ai été bouleversé par l’enthousiasme et la générosité de chaque jeune que j’ai rencontré. La jeunesse algérienne m’a profondément touchée.

 

Je suis convaincu que notre peuple recèle, aujourd’hui plus que jamais, toute l’énergie nécessaire pour relever les défis qui nous attendent.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

La situation dans laquelle se trouve actuellement notre pays est critique.

 

Jusqu’à présent, la paix sociale a été achetée à coups de subventions d’emplois et de produits alimentaires, financées par les excédents de pétrodollars amassés par l’Etat.

 

Mais, ces transferts de 30 milliards de dollars par an seront bientôt impossibles.

 

Aujourd’hui, l’Algérie fait face à des enjeux majeurs : ces enjeux portent sur l’avenir de nos enfants et de notre unité nationale.

 

Cette situation appelle une prise de conscience collective et un engagement de tous les algériens, où qu’ils soient.

 

L’élection présidentielle d’avril prochain est une échéance cruciale pour l’avenir de notre pays car les enjeux sont importants. Et pour les comprendre, il faut aujourd’hui faire un état des lieux de l’Algérie.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Sur le plan économique et social le constat est amer. Le décalage entre la hausse des ressources financières de l’Etat et la situation sociale dégradée est flagrant.

 

Si l’on se compare à d’autres pays, comme par exemple la Corée du Sud qui a multiplié son revenu par habitant par 16 en 50 ans, ce qui a été réalisé en Algérie est largement en dessous de notre potentiel.

 

Souvenez-vous, en 1962, les experts annonçaient qu’en 20 ans l’Algérie serait membre du G7 (7 pays les plus riches au monde) et personne ne pariait sur la Corée du Sud. Mais l’histoire en a décidé autrement ou plutôt, la volonté des gouvernants en a décidé autrement.

 

Nous avons gagné notre indépendance, vis-à-visdu colonisateur pour nous jeter dans une dépendance aveugle vis-à-vis du pétrole et au gaz. La Sonatrach contribue aujourd’hui pour près de 50% à la richesse nationale, pour plus de 65% au budget de l’Etat et pour 98% à nos exportations.

 

Le gouvernement actuel a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour un taux de croissance moyen qui ne dépasse pas les 3%. Avec une croissance aussi faible, il est impossible de répondre aux besoins de la population en constante augmentation.

 

Nos hydrocarbures financent aujourd’hui la politique de grands travaux de l’Etat sans profiter à l’Algérie car tout est importé même la main d’œuvre.

 

L’Algérie importe aujourd’hui pour plus de 70% de ses besoins alimentaires alors que notre pays était considéré comme un grenier à blé dans l’antiquité et que notre potentiel agricole est immense.

 

La mauvaise gouvernance de nos institutions est responsable de notre sous-développement économique.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Les institutions étatiques ne répondent pas de leurs décisions devant les citoyens algériens.

 

La Constitution est révisée au gré des besoins des gouvernants, au mépris de la souveraineté du peuple.

 

Le résultat de ces pratiques est qu’aucun gouvernement n’est tenu responsable ni de ses actions ni de ses échecs. Rien d’étonnant alors que leurs décisions soient contraires à l’intérêt des citoyens algériens.

 

D’ailleurs, on remarquera qu’aucun objectif de résultat n’est affiché, seul le nombre de milliards de dollars dépensés est avancé en guise de slogan politique.

 

Le financement de l’Etat repose presque exclusivement sur les recettes des exportations d’hydrocarbures. L’Etat surexploite de façon inconsidérée nos ressources naturelles dont il s’approprie les bénéfices comme d’un revenu privé.

 

La conséquence est que l’Etat ne cherche pas à développer les autres secteurs d’activité, pas plus qu’il ne cherche à rendre des comptes sur l’utilisation de l’argent des citoyens algériens.

 

Jusqu’à présent, les institutions ont systématiquement été détournées de leur objectif en favorisant des intérêts privés au détriment du peuple algérien.

 

Seul le court terme intéresse le gouvernement actuel. Il est perpétuellement dans la gestion de l’urgence, incapable de construire une économie forte, incapable de faire sereinement face à l’avenir.

 

Au lieu de s’attaquer aux réformes nécessaires au développement de notre économie, les gouvernants ont préféré maintenir le statut quo de la rente pétrolière.

 

Les gouvernants n’ont jamais eu la volonté de lutter contre les causes réelles et profondes de la précarité ou d’améliorer durablement le niveau de vie des Algériens.

 

Ils ont délibérément décidé de détruire l’économie nationale déjà fragilisée et de sacrifier l’avenir de nos enfants.

 

Les institutions représentatives ont été affaiblies par l’Etat au point qu’elles ne sont plus responsables devant le peuple.

 

Le Parlement est sans pouvoir réel. Il est totalement coupé du peuple qu’il est censé représenter. Une fois élus, les députés tournent le dos au peuple.

 

L’administration, qui emploie plus de 2 millions de fonctionnaires, est un monstre bureaucratique.

 

Les citoyens perdent un temps fou pour le moindre papier administratif et pour certaines démarches, comme par exemple dans le cas du foncier, il faut attendre des années.

 

L’administration ne favorise ni la compétence ni l’esprit d’initiative des fonctionnaires.

 

Elle fonctionne selon des règles informelles qui maintiennent un flou dans l’application des procédures. Le citoyen est constamment à la merci de comportements arbitraires et de la hogra de certains fonctionnaires.

 

A vrai dire, l’administration étouffe le peuple.

 

Aujourd’hui, l’Etat est le principal frein au développement économique de notre pays. Le climat des affaires algérien est classé, dans le doing business pour l’année 2012, au 152ème rang sur 186, loin derrière nos voisins.

 

Au cours de ces 25 dernières années, la contribution de l’industrie à la richesse nationale s’est dégradée passant de 15% à seulement 5% aujourd’hui.

 

Malheureusement, le résultat, nous le connaissons tous, nous le constatons chaque jour ; c’est le gaspillage des ressources naturelles de l’Algérie, c’est la misère sociale et l’injustice.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

La justice manque d’indépendance. Elle peut être manipulée et les citoyens ne sont pas égaux devant la loi.

 

On l’a vu récemment dans la presse, ceux qui dénoncent la corruption sont envoyés en prison et ceux qui détournent l’argent du peuple sont innocentés.

 

Ces pratiques décrédibilisent fortement l’autorité judiciaire et renversent l’échelle de nos valeurs. Et c’est très dangereux pour notre cohésion nationale.

 

Il existe aujourd’hui des inégalités importantes au sein de la société algérienne. Inégalité entre les différentes régions, inégalités entre les villes et les campagnes.

 

Le système de santé actuel, même s’il est gratuit, est inefficace et inégalitaire dans l’accès aux soins.

 

D’un côté, des personnes aisées qui peuvent se soigner dans des cliniques privées et de l’autre, la majorité des citoyens qui est obligée de se rendre dans des hôpitaux publics qui manquent de matériel, de médicaments et de personnel motivé.

 

Sur le front de l’emploi, le chômage des jeunes dépasse les 22%. Un jeune sur quatre est au chômage. Et les jeunes diplômés ne sont pas épargnés.

 

Le gouvernement actuel nous annonce un taux de chômage de 10% alors que partout dans le pays de jeunes chômeurs réclament un emploi.

 

La situation réelle du chômage est maquillée par des emplois précaires et subventionnés.

 

Le gouvernement actuel a mené une politique de grands travaux qui a profité aux nations étrangères. Tout a été importé, même la main d’œuvre. Et pourtant, le gouvernement aurait dû entendre l’appel des chômeurs, il sait que les industriels algériens veulent investir et créer des emplois.

 

Aujourd’hui, la productivité du travail en Algérie est la plus faible de la région.

 

Les universités algériennes forment des chômeurs et, aux rares compétitions internationales auxquelles elles participent, elles sont classées en bas du tableau.

 

Ceux qui souffrent le plus de cette politique, ce sont les jeunes.

 

70% des algériens ont moins de 35 ans et aucune des politiques menées par le pouvoir en place ne s’est préoccupée de leur avenir.

 

Entre les gouvernants et le peuple, il y a une réelle « fracture générationnelle ». La jeunesse est oubliée, son avenir hypothéqué par un manque de vision stratégique et par une volonté acharnée de rester au pouvoir, à n’importe quel prix.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

L’Algérie vit un malaise social profond et connaît une crise morale majeure.

 

Un régime autoritaire, qui vit de la rente pétrolière, est par nature destructeur des valeurs morales.

 

La corruption, qui a gangréné la société algérienne, a fini par détruire tout lien de solidarité, toute valeur d’honnêteté et de justice.

 

A vrai dire, la politique d’assistanat et la corruption systématique ne sert pas le peuple algérien.

 

Ce régime autoritaire a fini par faire de nous des assistés, faire de nous une société qui a perdu ses repères, une société qui a oublié ses valeurs de solidarité.

 

Il a détruit l’environnement social, forçant à l’individualisme et à un matérialisme sauvage.

 

Lorsqu’un algérien est victime d’arbitraire, il est seul et démuni face à la hogra de l’Etat.

 

Par sa politique autoritaire, le régime actuel a introduit le doute au plus profond de la société. Il a brisé la confiance entre les citoyens.

 

Aujourd’hui, l’algérien doute de son pays, doute de lui-même.

 

Les uns se méfient des autres.

 

Les jeunes ne croient plus en la politique.

 

L’élite s’autocensure.

 

Les institutions, sous contrôle du pouvoir, sont fondamentalement démocratiques car elles se nourrissent du renoncement des citoyens à leurs droits.

 

Lorsqu’un simple algérien s’exprime, on se désintéresse de ce qu’il dit, on ne cherche pas à comprendre ses idées. Au contraire, on questionne ses motivations et on se demande pourquoi il s’exprime et qui lui a demandé !

 

Ce manque de confiance touche tous les algériens. Et c’est un renoncement collectif à nos valeurs culturelles, nos droits et devoirs envers la nation.

 

Le régime actuel a vidé le peuple de toute sa substance. Il le traite comme un enfant. Il lui interdit de penser.

 

Cette crise de confiance politique emprisonne les algériens et leur interdit, de ce fait, toute liberté.

 

Je sais que ce constat est difficile à entendre.

 

Ce constat est différent du discours officiel.

 

Mais vous savez, au fond de vous-mêmes, que je dis la vérité.

 

La vérité, c’est que notre société vit dans l’angoisse. Elle a peur de l’avenir.

 

Le football est devenu le seul défouloir des jeunes.

 

Ces mêmes jeunes qui, désespérés, se jettent à la mer, au péril de leur vie, dans l’espoir d’une vie meilleure.

 

La société civile est aujourd’hui si fragile que la moindre secousse pourrait faire sombrer le pays dans le chaos.

 

Depuis 15 ans, plus de 200 milliards de dollars ont été dépensés par le gouvernement et la société algérienne est toujours aussi fragile et son avenir encore plus incertain car l’Etat ne pourra pas subventionner éternellement.

 

Demain, il n’aura plus assez d’argent pour importer un bateau de blé alors que les familles algériennes dépensent 25% de leurs revenus en nourriture.

 

L’impact sur la vie des algériens sera catastrophique et nous connaîtrons une explosion sociale.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

L’Algérie fait face à des enjeux majeurs pour l’avenir de ses enfants.

 

L’Algérie a besoin d’un nouveau projet de société qui permette à chaque citoyen de trouver sa place. Elle a besoin d’une société prospère qui permette aux algériens d’accomplir librement leur destin.

 

L’Algérie doit être plus forte et plus juste.

 

Il faut faire de ce pays une grande nation.

 

Une nation solide, moderne et décomplexée. Une nation qui participe, avec la communauté internationale, à l’avancement de l’humanité toute entière.

 

Nous devons construire l’Algérie de demain, une Algérie en paix, une Algérie qui avance.

 

Nous savons que pour trouver une issue pacifique et durable à la crise que traverse notre pays, nous devons bâtir une alternative politique radicalement différente du régime actuel.

 

Il faut une refonte totale du fonctionnement de l’Etat. D’un Etat qui scellera un pacte social avec le peuple.

 

Mes chers compatriotes,

 

Je vous propose une NOUVELLE REPUBLIQUE.

 

Une république de transparence.

 

Une république de réconciliation.

 

Une république bâtie sur les valeurs qui constituent notre héritage historique, culturel et religieux. Bâtie sur les valeurs de dignité, d’honnêteté et de courage, les valeurs de solidarité, de partage, de tolérance et les valeurs de travail.

 

Cette nouvelle république respectera la diversité du peuple algérien qui est une richesse et une chance pour notre nation.

 

Cette nouvelle république imposera la discipline au sein des institutions qui seront, toutes et sans exception, soumises au principe de transparence.

 

L’Etat sera systématiquement évalué dans sa gestion des affaires publiques.

 

La lutte contre la corruption sera un volet essentiel des réformes institutionnelles.

 

Les lois seront conçues en concertation avec les acteurs économiques et la société civile.

 

Enfin, cette nouvelle république sera celle de la réconciliation. Réconciliation entre la nation et ses institutions, réconciliation entre le peuple et ses valeurs, réconciliation entre le citoyen et l’Etat.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Souvenez-vous, il y a 50 ans, les algériens ont inspiré d’autres peuples.

 

Ma conviction plonge dans les racines de l’histoire d’un peuple qui, malgré 50 ans de régime autoritaire, garde encore en lui un potentiel immense.

 

Ma conviction fonde ses certitudes dans l’histoire récente de ce peuple qui est resté debout malgré une guerre civile.

 

Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est retrouver cette grandeur de la révolution. Ce rassemblement qui nous permettra de réaliser de grandes œuvres collectives. Ce feu qui fera de nouveau rayonner l’Algérie et qui la « hissera » au rang des nations de progrès.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

J’aspire à une nouvelle Algérie. Une Algérie qui aime ses enfants, les protège et leur offre un avenir meilleur. Une Algérie qui inventera et qui contribuera au progrès de l’humanité.

 

Une Algérie qui exporte son savoir-faire et sa culture.

 

Cette Algérie nouvelle est à portée de main. Il nous appartient aujourd’hui d’en faire une réalité.

 

Cette nouvelle république sera aussi celle d’une grande démocratie. Une démocratie qui prendra sa place naturelle dans le bassin méditerranéen, sur le continent africain et dans le reste du monde.

 

En Afrique du nord, l’Algérie assurera un rôle de leader pour la stabilité de la région et la construction d’un grand marché commun.

 

Dans le bassin méditerranéen, grâce à sa position géostratégique au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, nous ferons de l’Algérie la nouvelle Singapour. Un « hub » dont les infrastructures portuaires seront le débouché de grandes lignes ferroviaires trans-sahariennes.

 

Dans le monde, l’Algérie sera force de propositions sur les grandes questions planétaires. L’Algérie doit faire entendre sa voix sur la scène internationale et entrer dans le 21ème siècle.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Nous jetterons, dans les 5 ans qui viennent, les bases d’une société qui aura su amorcer le virage de la diversification économique.

 

Pour cela, j’ai fixé des objectifs précis. J’en prends ici l’engagement devant la nation toute entière.

 

Mon programme, dont le détail sera communiqué et soumis au débat public, est basé sur les piliers d’une vision nouvelle de l’Algérie.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Notre ambition se résume à un chiffre : 6% de croissance minimum en 5 ans.

 

Nous créerons plus d’un million d’emplois.

 

Je mettrai en œuvre des réformes institutionnelles pour favoriser la croissance.

 

Mon programme économique s’appuie sur 3 axes fondamentaux.

 

Le premier axe est de libérer les énergies créatrices de notre pays et, plus particulièrement, dans les domaines de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

 

Il est urgent de doper la croissance des activités productives en permettant au secteur privé d’investir et de porter la diversification de notre économie.

 

Je lèverai toutes les barrières qui entravent le développement des entreprises et la création de richesse dans ce pays.

 

J’impulserai la modernisation de nos entreprises et l’accroissement de leurs capacités à acquérir, maîtriser et adapter les meilleures technologies.

 

En contrepartie d’une protection temporaire vis-à-vis de la concurrence internationale, nos entreprises devront créer des emplois et exporter.

 

Je mettrai un frein aux importations d’entreprises « clé en main » qui ne s’accompagnent pas de transfert réel de technologies.

 

Cette expansion du secteur privé devra s’accompagner d’une politique ambitieuse d’attraction des investissements étrangers. En 5 ans seulement, nous ferons du climat des affaires en Algérie le plus attractif de la région.

 

L’Etat est garant de la liberté d’investissement. Ce principe fondamental recevra une application large et effective.

 

Je rationaliserai l’intervention de l’Etat dans l’économie.

 

L’Etat jouera son rôle d’accompagnateur et de régulateur. Il aidera à l’émergence de grandes entreprises privées tout en assurant un partage plus équitable des richesses.

 

Nous ferons de notre pays un Lion de la Méditerrané.

 

Le deuxième axe concerne la formation. Repenser l’école algérienne est un défi majeur à relever.

 

Je changerai l’organisation de notre système éducatif et de sa gouvernance pour le rendre plus efficace et pour qu’il réponde à l’impératif de qualité de l’enseignement.

 

Nos écoles doivent rivaliser avec les meilleures du monde. Les étudiants algériens seront aussi bons, voire meilleurs que leurs homologues européens ou américains.

 

J’adapterai la formation aux besoins des entreprises. L’enseignement technique de qualité sera une priorité car il est nécessaire au développement de notre industrie.

 

Je mettrai en place un plan Marshall de requalification des travailleurs non diplômés afin que chacun puisse avoir accès à une reconversion professionnelle et ainsi contribuer à l’essor national.

 

Je soutiendrai ce programme par des aides, notamment pour les jeunes sans emploi et sans qualification.

 

Je veux que nos enfants soient parmi les premiers au prochain programme international d’évaluation des étudiants auquel l’Algérie participera.

 

Nous savons que ces grands changements, vitaux pour le pays, ne seront pas faciles. Ils ne pourront être réalisés que par une refonte profonde de nos institutions.

 

Le troisième axe s’attache à un rééquilibrage des pouvoirs et à une responsabilisation des institutions.

 

Je renforcerai les pouvoirs du parlement. Il retrouvera sa légitimité en tant que représentant du peuple.

 

Il exercera de manière effective sa faculté de proposer des lois. Il contrôlera l’exécutif et sera doté d’instruments d’évaluation de l’action et du budget du gouvernement.

 

Les députés doivent cesser de tourner le dos au peuple car ils sont là pour le représenter.

 

Je serai garant de l’indépendance de la justice car seul un juge indépendant peut assurer la protection des citoyens face à la hogra des institutions.

 

J’assurerai la protection des citoyens qui s’élèvent contre la corruption. J’organiserai une campagne nationale impliquant tous les algériens et les invitant à la dénoncer.

 

Je mettrai en place un programme de sensibilisation des citoyens sur leurs droits afin qu’ils puissent mieux se défendre.

 

Les libertés de la presse et d’association sont essentielles dans une démocratie. Elles permettent aux citoyens de s’organiser, de faire entendre leurs voix et de combattre les abus.

 

Je procéderai à deux réformes fondamentales afin que nos institutions servent aux mieux les intérêts du citoyen.

 

J’étendrai et renforcerai les pouvoirs du président d’APC qui sera directement élu par le peuple. Le président d’APC sera responsable devant les citoyens.

 

J’intègrerai la voix des citoyens au sein des conseils des APC, via une participation consultative des associations reconnues d’utilité publique.

 

Le Wali ne sera plus un intouchable. Il recevra des orientations avec pour objectif de favoriser le développement de la Wilaya dont il a la charge.

 

J’accompagnerai ces réformes par une décentralisation de l’administration et une réduction du financement par l’Etat en contrepartie d’une fiscalité locale.

 

Chaque dinar dépensé doit être évalué, car c’est l’argent du peuple.

 

Je ferai de la politique sociale un instrument de réduction de la pauvreté. Le respect de la dignité du peuple sera au cœur de nos institutions.

 

Je m’engage à développer les emplois durables qui permettent de vivre dignement des fruits de son travail.

 

Je faciliterai l’accès aux aides sociales et la priorité sera donnée aux plus démunis.

 

Je supprimerai les dépenses inutiles et les subventions injustes.

 

Les logements sociaux seront mis à disposition des familles et des citoyens les plus démunis dans le cadre d’un processus d’allocation rapide et transparent.

 

Je mettrai en place une aide spécifique, plus importante, pour les jeunes sans emplois et sans qualification, notamment dans les zones rurales et les zones géographiques les plus défavorisées.

 

Je favoriserai le développement d’une production agricole locale afin d’assurer notre indépendance alimentaire et de garantir des prix adaptés au niveau de vie des algériens.

 

Je serai le garant d’une redistribution plus juste des fruits de la croissance, une croissance ouverte, dont les opportunités économiques seront accessibles à tous les algériens.

 

Je mettrai en œuvre une politique ambitieuse de modernisation urgente de nos hôpitaux afin de permettre une protection sociale efficace et effective.

 

Dans les 5 prochaines années, nous construirons plusieurs hôpitaux de pointe pour que nous nos compatriotes ne soient plus obligés de se faire soigner à l’étranger.

 

Je demanderai un effort particulier dans la prévention et la prise en charge des maladies infectieuses, des maladies graves comme le cancer et les maladies cardiovasculaires.

 

Je réduirai les inégalités d’accès aux soins et aux médicaments.

 

La gestion de l’ensemble des aides sociales sera confiée à une agence nationale indépendante qui centralisera l’information et permettra un meilleur ciblage des aides.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Il n’y a pas de sauveur providentiel à espérer.

 

Seul un peuple uni et conscient peut bâtir une nation forte qui repose sur des valeurs de paix, de fraternité et de progrès social.

 

Le peuple Algérien a eu la maturité de ne pas se lancer sur la voie de la contestation violente.

 

Si vous n’êtes pas descendus dans la rue, ce n’est pas par peur, ni parce que l’Etat a ouvert les vannes de la rente pétrolière, c’est parce que vous connaissez le prix de la violence.

 

Mais le changement ne viendra que du peuple.

 

Mes chers compatriotes

 

Nous avons aujourd’hui tous les atouts pour bâtir l’Algérie de demain.

 

Ces atouts, c’est notre courage, notre engagement et notre amour pour notre patrie. C’est aussi notre capacité collective à générer des idées nouvelles pour changer la société.

 

Car rien ne changera tant que nous n’aurons pas conscience de notre force citoyenne et que nous n’aurons pas décidé de prendre en main la destinée de notre pays.

 

Seule une nouvelle république permettra le rétablissement de nos valeurs pour redonner au peuple algérien sa dignité et à l’Algérie toute sa grandeur.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

J’ai décidé de me porter candidat aux élections présidentielles de notre pays.

 

La fonction de président de la république est la plus haute de l’Etat. J’en mesure la responsabilité. J’en connais les enjeux.

 

A 41 ans, l’âge de maturité dans la vie d’un homme, je prends l’engagement solennel de dédier toute mon énergie et toute ma force à l’Algérie.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

En politique, il y a deux catégories d’hommes. Les hommes de pouvoir qui n’ont d’autre motivation que de protéger les privilèges de leur clan, et les hommes d’Etat qui, au contraire, se préoccupent de l’avenir d’une nation.

 

Je me présente aujourd’hui devant vous en tant que citoyen libre de ce pays. Je suis un candidat indépendant de toutes les formations soumises, contrôlées, ou proches du pouvoir actuel.

 

En ce moment je pense à mon grand-père mais aussi à celui que chacun d’entre-vous a connu. Je pense à ces hommes et à ces femmes de la révolution.

 

Et il faut s’interroger sur ce qu’ils auraient fait aujourd’hui ? Ceux-là même qui, à un moment essentiel de notre histoire, ont donné leur vie pour l’Algérie ; quelle serait leur ligne de conduite aujourd’hui ? Quelles sont les causes pour lesquelles ils se sont battus ?

 

Ma seule ambition est de construire une Algérie forte qui mettra à l’abri nos enfants. Une Algérie forte pour l’avenir des générations futures.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Je veux me faire l’écho de l’Algérie silencieuse mais qui pense, de l’Algérie talentueuse mais que l’on veut réduire à la médiocrité, de l’Algérie jeune qui déborde d’énergie.

 

La jeunesse c’est le peuple, la jeunesse c’est l’avenir. Elle aura l’Algérie en héritage.

 

Je veux enfin me faire l’écho de l’Algérie courageuse qui avance vers le progrès.

 

Cette Algérie a trop longtemps été ignorée et, il est aujourd’hui temps qu’elle fasse entendre sa voix et qu’elle soit écoutée.

 

L’Algérie que nous voulons sera bâtie sur une nation dans laquelle chacun pourra trouver sa place et participer à l’édification d’une société meilleure, basée sur nos valeurs ancestrales.

 

Ce que je vous propose, c’est une Algérie solidaire et plus juste, une Algérie en paix et en sécurité, où la confiance sera retrouvée, où les libertés respectées. Une Algérie où le travail permet de vivre dignement.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Cela fait maintenant près de dix ans que je suis engagé au sein de la société civile algérienne, dans toute sa diversité.

 

Notre travail collectif, patient et persévérant nous a permis de construire un réseau de citoyens dynamiques, compétents et intègres.

 

Un mouvement libre de toute allégeance au pouvoir actuel et indépendant. Un mouvement qui a conscience que pour un renouveau de l’Algérie, nous devons prendre l’initiative et assumer nos devoirs.

 

Ce qui provoquera le changement pacifique que nous voulons tous, c’est le bulletin de vote.

 

Nous avons une chance historique et unique de nous unir pour transformer, maintenant, notre avenir et ne pas laisser une poignée d’individus choisir à notre place.

 

Sans volonté politique et sans implication de la société civile, rien ne sera possible.

 

Mais si nous votons par millions, la voie d’une l’Algérie nouvelle, plus forte et plus juste, se fera entendre.

 

J’appelle tous les algériens et toutes les algériennes à me rejoindre et à nous unir pour prendre en mains notre destinée et changer l’Algérie.

 

 

Mes chers compatriotes

 

Du temps de la colonisation, le peuple Algérien était dans le même état qu’aujourd’hui. Il doutait, il était tétanisé par le fatalisme. Et malgré une politique de destruction systématique de nos repères, le peuple a su trouver au fond de lui-même la foi, la foi en la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes et à être acteurs de leur destin.

 

Si notre économie est sous-développée, ce n’est pas que notre peuple est moins apte qu’un autre au progrès, loin de là.

 

Aujourd’hui, il faut exiger que les droits du citoyen soient respectés.

 

Il faut en finir avec la politique d’assistanat qui soumet le peuple.

 

Il n’est pas normal qu’un citoyen ne puisse pas vivre décemment de son salaire.

 

Il faut dire stop à la « maarifa ».

 

 

Il n’est pas normal que le chômage de nos diplômés soit aussi élevé.

 

Il n’est pas normal qu’ils sortent de l’université sans compétences.

 

Il faut en finir avec cette politique de l’abandon de nos jeunes.

 

Il n’est pas normal qu’avec toutes nos ressources financières, aucun hôpital moderne digne de ce nom n’ait été construit en Algérie.

 

Les dirigeants et hauts fonctionnaires vont se soigner à l’étranger, alors que nos hôpitaux sont de véritables mouroirs.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Nous sommes tous des héritiers de l’esprit de novembre 54 et ma candidature s’inscrit dans la continuité du combat des hommes et des femmes qui ont défendu nos libertés.

 

Nous avons aujourd’hui le choix, le choix de nous taire encore, d’accepter qu’on brade notre avenir, ou le choix du courage, le choix du rassemblement, le choix de dire oui au progrès, celui que nous aurons choisi ensemble, dans le respect de chacun.

 

Le courage, c’est celui de la mobilisation, celui du changement et non pas du statu quo. Le statu quo n’est pas synonyme de stabilité. Le statu quo signifie l’immobilisme dans un monde qui bouge.

 

Il constitue une menace pour notre unité nationale et notre avenir car il mènera l’Algérie vers le chaos.

 

 

Mes chers compatriotes,

 

Je crois que le temps de la transition pacifique et démocratique vers une Algérie nouvelle est venu.

 

Le peuple algérien est grand dans son honneur, il est courageux et plein de ressources.

 

Il demande aujourd’hui, une Algérie plus forte et plus juste.

 

 

 

Mes chers compatriotes,

 

A ce moment précis, notre peuple a, de nouveau, rendez-vous avec son histoire.

 

Je crois en lui. J’ai foi en notre jeunesse. C’est ensemble que nous serons, le mois d’avril prochain, la force du changement.

 

Un changement pacifique,

 

Un changement démocratique,

 

Un changement réel.

 

Avec de grandes ambitions pour notre pays !

 

C’est ensemble que nous ferons l’histoire.

 

Car vous êtes l’Algérie!

 

Vive la nouvelle république

 

Et vive l’Algérie

 

Tahya Djazair

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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